Les raisons qui nous feront renoncer à une acquisition

Une transmission réussie repose autant sur les personnes que sur les chiffres.

Auteur:
Éli
Year:
Août 2026
Type:
Journal de bord
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[Introduction]

Pour le moment, nous n'avons encore analysé aucune entreprise avec l'intention de l'acheter.

Notre sujet de ces 2 derniers mois était ailleurs : construire Boring Cashflow et réunir le capital nécessaire pour commencer à acquérir, notamment avec les premiers SHIELD.

La recherche viendra ensuite.

Et paradoxalement, avant même de commencer à chercher, je pense déjà beaucoup aux entreprises que nous n'achèterons pas.

Parce qu'une chose me paraît assez évidente : lorsque nous aurons réuni du capital pour acheter des entreprises, nous ressentirons forcément une forme de pression pour l'utiliser.

Des investisseurs nous auront fait confiance.

Nous aurons construit Boring Cashflow pour acquérir.

Nous aurons annoncé que nous cherchons des entreprises.

Et à un moment, ne rien acheter pourra facilement donner l'impression que nous n'avançons pas.

Je pense que c'est précisément à ce moment-là qu'il faudra être capables de ne rien faire.

Notre objectif n'est pas de réaliser des acquisitions.

Notre objectif est de posséder les meilleurs entreprises.

La nuance me paraît importante.

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[Challenges]

Aujourd'hui, dire que nous serons sélectifs est assez facile.

Nous n'avons encore rien à refuser.

Ce sera probablement beaucoup plus difficile lorsque nous aurons trouvé une entreprise qui nous plaît.

Nous aurons rencontré son dirigeant, passé du temps à comprendre son activité, travaillé sur les chiffres, commencé à réfléchir au montage financier.

Nous aurons peut-être déjà dépensé de l'argent. Et surtout, nous aurons envie que ce soit la bonne.
Je pense que le principal risque sera là.

Plus on consacre de temps à quelque chose, plus il devient difficile d'accepter que ce temps n'aboutisse à rien.
Une possibilité devient progressivement une opportunité.

Puis l'opportunité devient « notre deal ».

Et à partir de ce moment-là, j'imagine qu'on ne cherche plus tout à fait de la même manière les raisons de ne pas le faire.

Certaines raisons de renoncer seront faciles à identifier. Une dépendance trop importante à quelques clients.

Une entreprise entièrement dépendante de son dirigeant.

Des résultats que nous ne comprenons pas.

Un besoin d'investissement beaucoup plus important que prévu.

Un prix qui ne nous semble pas cohérent.

Ou simplement un métier que nous ne comprenons pas suffisamment.

Mais je pense que les décisions les plus difficiles concerneront les entreprises où presque tout fonctionne.

Celles qui seront rentables.

Finançables.

Qui entreront dans nos critères.

Et pour lesquelles, malgré tout, quelque chose ne nous conviendra pas.

Une culture que nous ne comprenons pas.

Une relation avec le cédant qui ne fonctionne pas.

Une entreprise que nous trouvons intéressante financièrement, mais que nous n'avons finalement aucune envie de posséder pendant vingt ans.

Tout ne rentrera probablement pas dans notre Excel.

Et je pense qu'il faudra accepter cela.

Parce que nous avons choisi de conserver les entreprises que nous reprendrons.

Une mauvaise acquisition ne sera donc pas simplement une erreur financière.

Nous allons devoir vivre avec elle.

Il y a aussi quelque chose d'autre que nous devons accepter avant de commencer.

Nous savons entreprendre.

Mais nous ne savons pas encore reprendre.

Ce serait assez confortable de penser que l'un entraîne automatiquement l'autre.

Je ne le crois pas.

Créer une entreprise, la développer, lever du capital ou gérer des équipes nous donne certainement des compétences utiles.

Mais aucune de ces expériences ne remplace le fait d'avoir déjà réalisé une acquisition.

Et je préfère reconnaître cette limite maintenant plutôt que la découvrir après avoir signé, que je devrais être avec mon ordi sur ma planche de surf.

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[Solutions]

Nous avons donc pris quelques décisions avant même d'ouvrir notre premier dossier.

La première est que le capital réuni ne nous obligera jamais à acheter.

Si nous ne trouvons pas une entreprise que nous voulons réellement posséder, l'argent attendra.

Je préfère cela à devoir expliquer pendant dix ans pourquoi nous avons acheté trop vite.

Nous ne voulons pas nous fixer un nombre d'acquisitions simplement pour mesurer notre progression.

Une acquisition de plus ne signifie pas nécessairement que Boring Cashflow vaut davantage.

Parfois, ne pas acheter sera probablement la meilleure décision que nous puissions prendre.
La deuxième décision a été de ne pas apprendre seuls.

Pierre et moi allons découvrir beaucoup de choses lors de nos premières acquisitions.

Certaines erreurs seront probablement inévitables.

Mais je ne vois aucune raison de reproduire volontairement celles que quelqu'un d'autre a déjà faites avant nous.

Nous avons donc décidé d'avoir à nos côtés un repreneur expérimenté.

C'est pour cette raison que nous nous faisons accompagner par Julien De Sousa, qui a déjà participé à plus d'une centaine d'acquisitions. Pas pour décider à notre place.

La décision restera la nôtre.

Mais pour avoir autour de la table quelqu'un capable de reconnaître des situations que nous rencontrerons pour la première fois. Quelqu'un capable, éventuellement, de nous dire que nous sommes en train de tomber amoureux d'un deal.

Ou que nous cherchons davantage de raisons de continuer que de raisons de nous arrêter.
Je trouve cette position plutôt confortable intellectuellement.

Ne pas faire semblant de savoir ce que nous ne savons pas encore.

L'expérience de quelqu'un d'autre ne supprimera évidemment jamais le risque. Mais elle peut nous éviter de découvrir certaines choses de la manière la plus chère possible.

Enfin, je veux que nous gardions toujours la possibilité de changer d'avis.

Même tard.

Même après plusieurs semaines de travail.

Même après avoir engagé des frais.

Même si nous avons très envie que ce soit notre première acquisition.

Nous laisserons probablement passer de bonnes entreprises.

C'est presque inévitable.

Avec les informations dont je dispose aujourd'hui, je préfère encore faire cette erreur-là que l'inverse. Tout cela est évidemment facile à écrire maintenant.

Nous n'avons pas encore été confrontés à une entreprise que nous voulons vraiment acheter.

C'est justement pour cela que je veux poser ces principes aujourd'hui.

Avant le premier dossier, "LA PREMIÈRE" offre.

Avant d'avoir quelque chose à perdre en disant non.

Dans quelques mois ou quelques années, je pourrai revenir sur ce texte et regarder les entreprises que nous avons réellement refusées.

Et surtout voir si nous avons été capables d'appliquer ce que nous pensions avant de commencer.